La version précédente de cette page reposait sur des mesures de 2014 et sur une prévision Cisco à horizon 2018. Dix ans plus tard, la prévision n’a jamais été confirmée sous ce nom, et la façon dont on regarde des vidéos a changé plus vite que leur volume. Reprenons les ordres de grandeur.
La vidéo reste le premier poste de consommation de données mobiles, autour de la moitié du trafic total et jusqu’à 60 % du trafic descendant selon l’Ericsson Mobility Report de novembre 2025. Le basculement réel n’est pas là : ce sont les formats courts diffusés par les réseaux sociaux qui concentrent désormais 70 à 80 % de ce qui se regarde sur smartphone.
Les repères à jour
- La vidéo pèse environ la moitié du trafic de données mobiles, pas les trois quarts.
- Les formats courts issus des réseaux sociaux dominent largement le visionnage sur téléphone.
- YouTube réunit de l’ordre de 50 millions d’utilisateurs mensuels en France.
- La prévision Cisco à 69 % pour 2018 relevait d’un exercice arrêté depuis, à ne plus citer.
Ce que pèse réellement la vidéo dans le trafic
Les estimations disponibles situent la vidéo autour de la moitié du trafic de données mobiles mondial, avec une part plus élevée sur le seul flux descendant, celui qui arrive vers le terminal. Les reprises du même rapport avancent parfois 76 %, selon le périmètre de mesure retenu, et je préfère signaler cet écart plutôt que trancher à la place des auteurs.
Un point mérite d’être clarifié, parce qu’il fausse beaucoup de raisonnements : une part de trafic n’est pas une part d’attention. La vidéo est lourde en données, bien plus qu’un texte ou qu’une image. Elle occupe donc mécaniquement une place énorme dans les octets transportés, sans que cela dise combien de temps les gens y consacrent.
| Indicateur | Dernière mesure publique | Source et date |
|---|---|---|
| Part de la vidéo dans le trafic de données mobiles | Environ 50 %, jusqu’à 60 % en descendant | Ericsson Mobility Report, novembre 2025 |
| Part des formats courts dans le visionnage sur smartphone | 70 à 80 % | Ericsson Mobility Report, novembre 2025 |
| Utilisateurs mensuels de YouTube en France | De l’ordre de 50 millions | We Are Social et Meltwater, octobre 2025 ; mesures Médiamétrie 2026 |
YouTube en France : l’ordre de grandeur réel
Le chiffre de « 2,7 millions d’internautes français par jour » qui figurait ici décrivait une page d’accueil, pas une audience de plateforme, et il date d’une autre époque du web. Les mesures récentes situent YouTube autour de 50 millions d’utilisateurs mensuels en France, soit une très large majorité de la population connectée.
Les périmètres varient d’un institut à l’autre, entre utilisateurs actifs mensuels et visiteurs uniques, ce qui explique les écarts de quelques millions d’une publication à l’autre. L’ordre de grandeur, lui, ne fait pas débat. Le temps passé cité par les mêmes travaux tourne autour d’une heure et quart par jour, avec des sessions d’une douzaine de minutes.
Le format a changé plus vite que le volume
C’est le vrai basculement de la décennie, et il change tout pour qui veut communiquer. Le visionnage sur téléphone s’est déplacé vers la vidéo courte et verticale, produite pour un fil social, consommée en série et sans son dans bien des cas.
Concrètement, un contenu conçu comme une émission de huit minutes ne se comporte plus du tout comme un format de vingt secondes pensé pour être compris muet. Les sous-titres ne sont plus une option d’accessibilité que l’on ajoute à la fin, ils font partie du message.
Les limites que les articles enthousiastes oublient
Trois réserves méritent d’être posées avant de conclure que la vidéo s’impose partout.
- La production coûte du temps, même avec un téléphone. Une page de texte se corrige en cinq minutes, une vidéo se retourne.
- L’audience ne vous appartient pas. Elle vit sur une plateforme dont les règles de diffusion changent sans préavis, et dont l’existence même n’est pas garantie.
- Le format n’est pas toujours le plus efficace. Pour une information qu’on veut retrouver, comparer ou copier, le texte reste supérieur : personne ne rembobine une vidéo pour relire une adresse.
Alors, support de nouvelle génération ?
Nouvelle génération, plus vraiment : la vidéo en ligne est un support installé, pas une nouveauté. Support par excellence, cela dépend entièrement de ce que vous avez à dire. Elle excelle à faire comprendre un geste, une ambiance ou une personne, et reste médiocre pour transmettre une donnée précise qu’on doit pouvoir relire.
Pour une petite structure, la question utile n’est donc pas « faut-il faire de la vidéo », mais « qu’est-ce qui, dans mon offre, se comprend mieux en images qu’en phrases ». La réponse tient rarement en une chaîne complète, souvent en trois ou quatre séquences bien choisies, comme je le détaille dans mes conseils pour se faire connaître grâce aux vidéos.
La communication n’est qu’un levier parmi d’autres
Avant d’investir dans un format, regardez l’ensemble du tableau : les leviers qui font vraiment décoller une activité.
Article mis à jour le 15 août 2026. Sources vérifiées à cette date : Ericsson Mobility Report, novembre 2025 ; données d’usage YouTube publiées par We Are Social et Meltwater en octobre 2025, recoupées avec les mesures d’audience Médiamétrie de 2026. Le Cisco Visual Networking Index, dont provenait la prévision de 69 % pour 2018 citée dans la version précédente, a été remplacé par le Cisco Annual Internet Report et cette projection n’a pas été reconduite. Les périmètres de mesure diffèrent d’un institut à l’autre, les chiffres sont donnés en ordre de grandeur.

