Cette page affirmait, dans sa première version, que la vidéo représentait « plus des trois quarts » de ce que cherchent les internautes, et que 80 % d’entre eux y passaient leur temps. J’ai voulu remonter à l’étude. Je ne l’ai pas trouvée. Voici ce qu’on peut réellement vérifier, et ce qu’un indépendant ou une petite structure peut en faire.
La vidéo est devenue un outil de communication majoritaire chez les entreprises : 91 % d’entre elles y recourent, selon l’enquête State of Video Marketing 2026 de Wyzowl, menée fin 2025 auprès de 266 répondants. Mais son rendement se tasse : 82 % des répondants déclarent un bon retour sur investissement, contre 93 % un an plus tôt. Autrement dit, le format ne suffit plus à lui seul, c’est le contenu qui fait l’écart.
À retenir avant de sortir la caméra
- Les chiffres spectaculaires qui circulent sur la vidéo sont rarement traçables jusqu’à une source.
- Ce qui est documenté, c’est l’effet sur la compréhension de l’offre, pas la promesse de notoriété instantanée.
- Trois formats suffisent pour démarrer sans studio ni budget de production.
- Aucune plateforme n’est un actif : la vôtre peut fermer, comme Vine l’a fait.
Les affirmations d’origine, passées au crible
Deux chiffres circulaient dans ce texte, et aucun des deux ne résiste à une vérification. Voici ce qu’on peut leur substituer, avec une source datée à chaque fois.
| Ce qui était affirmé | Ce qu’on peut vérifier aujourd’hui |
|---|---|
| La vidéo pèse plus des trois quarts de ce que cherchent les internautes | L’Ericsson Mobility Report de novembre 2025 situe la vidéo autour de la moitié du trafic de données mobiles, et jusqu’à 60 % du trafic descendant. Certaines reprises de ce rapport avancent 76 %, selon le périmètre retenu |
| 80 % des internautes passent leur temps devant des vidéos | Aucune étude identifiable derrière ce chiffre. Le constat solide porte ailleurs : les formats courts issus des réseaux sociaux concentrent 70 à 80 % du visionnage vidéo sur smartphone |
| Faire de la vidéo garantit un succès après quelques clics | Wyzowl 2026 : 93 % des répondants constatent une meilleure compréhension de leur offre, 83 % une hausse directe des ventes. Un effet réel, jamais automatique |
La différence n’est pas anecdotique. Un porteur de projet qui croit que la vidéo fait la notoriété filme n’importe quoi et s’étonne du résultat. Celui qui sait qu’elle sert d’abord à faire comprendre son offre choisit ses sujets autrement.
Trois formats qui tiennent sans studio ni budget
Les créateurs que j’accompagne bloquent presque tous sur la production, jamais sur l’idée. Ces trois formats se tournent au téléphone, en une matinée, et couvrent l’essentiel des besoins d’une petite structure.
- La démonstration de geste. Vous montrez ce que vous faites, en plan fixe, sans commentaire inutile. C’est le format qui répond le mieux à la question que se pose un client : est-ce que cette personne sait faire ?
- La réponse à une question client. Une question réellement posée, une réponse de deux minutes. Vous en tenez autant que vous recevez d’appels, et chacune correspond à une recherche que quelqu’un tape quelque part.
- Le format court social. Quinze à trente secondes, vertical, une seule idée. C’est là que se joue l’essentiel du visionnage mobile, et c’est aussi le plus rapide à produire.
Ce que j’observe chez les personnes que je suis, c’est qu’une série de dix vidéos moyennes publiées régulièrement produit davantage qu’une seule vidéo léchée diffusée une fois. La régularité vaut mieux que la production.
Une vidéo dans un e-mail : ce qu’il faut savoir avant d’y croire
L’idée qu’insérer une vidéo dans un e-mail fait exploser les taux d’ouverture revient partout, y compris dans la version précédente de cet article. Je n’ai retrouvé aucune source récente et traçable derrière cette promesse, et je préfère le dire plutôt que la recopier.
Ce qui est certain relève de la technique : la plupart des messageries ne lisent pas une vidéo intégrée. La pratique courante consiste à insérer une image d’aperçu avec un bouton de lecture, qui renvoie vers la page où la vidéo est hébergée. L’effet mesurable se situe donc sur le clic et sur ce qui se passe après, pas sur l’ouverture.
Vine, ou pourquoi une plateforme n’est jamais un actif
La version d’origine citait Vine et Snapchat comme les preuves que la vidéo construit une image. Snapchat existe toujours. Vine, non : l’application a cessé d’accepter les publications fin 2016, a été transformée en simple caméra en janvier 2017, et son archive en ligne a été fermée en avril 2019. Des créateurs qui y avaient bâti une audience entière ont tout perdu.
La leçon vaut pour n’importe quel réseau. Une audience construite sur une plateforme appartient à la plateforme. Ce qui vous appartient, c’est votre fichier de contacts et votre site, sur lesquels vous devez systématiquement ramener les gens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je conseille de commencer par poser les bases de son site web avant de se disperser en contenus.
Deux questions qui reviennent en rendez-vous
Faut-il vraiment se filmer soi-même ? Pour une petite structure, oui, dans la plupart des cas. Le visage du dirigeant est souvent le seul élément qui distingue son offre de celle du concurrent d’à côté. Une voix off sur des images de produit fonctionne aussi, elle convainc simplement moins vite.
Combien de temps avant de voir un effet ? Personne ne peut vous le garantir, et méfiez-vous de ceux qui le font. Ce qui est observable, c’est qu’une publication irrégulière ne produit rien du tout, quel que soit le soin apporté à chaque vidéo.
Où en est vraiment l’audience vidéo
Avant de choisir vos formats, regardez les chiffres d’usage : état des lieux de la vidéo comme support de communication.
Article mis à jour le 15 août 2026. Sources vérifiées à cette date : Wyzowl, « State of Video Marketing 2026 », enquête menée fin 2025 auprès de 266 répondants ; Ericsson Mobility Report, novembre 2025 ; chronologie de l’arrêt de Vine (fin des publications en octobre 2016, application transformée en janvier 2017, archive fermée en avril 2019). Les deux chiffres présents dans la version antérieure de cet article n’ont pas pu être rattachés à une source identifiable et n’ont pas été repris. Les recommandations de format viennent de mon accompagnement de porteurs de projet et n’engagent aucun résultat commercial.


