En reprenant cette page, je suis tombée sur trois noms que je citais comme des évidences et qui n’existent plus sous cette forme. C’est le sort de tous les conseils techniques. Voici donc la version à jour, pour quelqu’un qui veut son propre site et qui part de zéro.
Pour créer un site professionnel sans bagage technique, le chemin le plus court passe par un CMS, un système de gestion de contenu, c’est-à-dire un logiciel qui gère le site à votre place : vous réservez un nom de domaine, vous prenez un hébergement, et vous écrivez ensuite comme dans un traitement de texte. Apprendre le HTML et le CSS reste utile pour comprendre ce qui se passe sous le capot, mais ce n’est en aucun cas un préalable pour publier.
Dans quel ordre s’y prendre
- Écrire d’abord ce que le site doit prouver de vous, avant de comparer le moindre outil.
- Choisir la voie technique selon le temps que vous acceptez d’y passer, pas selon son prestige.
- Réserver le nom de domaine à votre nom : c’est le seul élément que vous emportez si vous changez d’outil.
- Publier les mentions d’identification dès la mise en ligne, en sachant qu’elles reposent sur un nouvel article de loi depuis mai 2024.
Trois voies possibles, et celle que je conseille par défaut
Le choix se joue sur une seule question : combien de temps êtes-vous prêt à consacrer à la technique plutôt qu’au contenu ? Les trois voies mènent à un site en ligne, elles ne demandent simplement pas le même investissement.
| La voie | Ce qu’il faut savoir faire | Ce qui reste sous votre contrôle |
|---|---|---|
| Plateforme clé en main | Rien de technique. Vous assemblez des blocs à la souris. | Le nom de domaine et les textes. Le reste appartient à la plateforme. |
| CMS installé chez un hébergeur | Savoir se repérer dans un tableau de bord. Le niveau Word ou PowerPoint y suffit largement. | Les fichiers, la base de données, et la possibilité de déménager ailleurs. |
| Site codé à la main | HTML et CSS au minimum, puis la maintenance dans la durée. | Absolument tout, y compris les pannes du samedi soir. |
Pour la grande majorité des personnes que j’accompagne, la deuxième ligne est le bon compromis. WordPress reste de loin le CMS le plus répandu : selon le relevé W3Techs du 16 août 2026, il équipe 40,8 % de l’ensemble des sites web et 59 % de ceux qui utilisent un CMS identifié. Cette position n’en fait pas le meilleur outil dans l’absolu, mais elle change une chose très concrète : quand vous cherchez comment régler un problème, quelqu’un a déjà écrit la réponse. Si vous hésitez encore avec une offre entièrement hébergée, le comparatif des constructeurs de sites Wix et Squarespace détaille ce que l’on gagne et ce que l’on cède avec ce type de solution.
Les noms que je citais avant, et ce qu’ils sont devenus
Quatre références de la version d’origine ont changé d’identité, ce qui rend les anciens tutoriels difficiles à suivre pour un débutant qui les retrouve aujourd’hui.
- Le Site du Zéro est devenu OpenClassrooms le 18 septembre 2013. Les cours d’initiation au HTML et au CSS existent toujours, sous une autre marque et un autre modèle économique.
- Online, l’hébergeur du groupe Iliad, a basculé sous la marque Scaleway en 2018.
- 1&1 a fusionné avec ProfitBricks en 2018 pour devenir 1&1 IONOS, puis simplement IONOS.
- OVH a pris le nom d’OVHcloud en 2019, à l’occasion de ses vingt ans.
Le cas de Viadeo mérite une mention à part. Le réseau existe encore, racheté par Figaro Classifieds en 2016, mais il a perdu l’essentiel de son audience face à LinkedIn et est passé par un redressement judiciaire. La question de départ de cet article reste donc valable, elle se pose simplement autrement : il ne s’agit plus d’arbitrer entre deux réseaux professionnels, mais de décider si vous voulez une adresse qui vous appartienne en propre.
Ce que le site doit prouver, avant la première ligne de contenu
La planification en amont évite l’écueil que je rencontre le plus souvent : un site soigné, en ligne depuis six mois, dont le propriétaire ne sait pas dire à qui il s’adresse. Trois étapes suffisent, et aucune ne demande d’ordinateur.
- Notez sur papier ce que le visiteur doit pouvoir faire en arrivant : comprendre votre métier, télécharger un document, vous écrire. Une carte heuristique, ce schéma qui part d’une idée centrale et se ramifie, aide à hiérarchiser ces intentions. À ce stade, oubliez complètement la technique.
- Visitez les sites de personnes qui exercent votre métier. Regardez le contenu autant que le design, et notez ce qui vous met en confiance comme ce qui vous fait fuir.
- Montrez l’ébauche à deux ou trois personnes de confiance, dont au moins une qui ne connaît pas votre secteur. C’est elle qui repérera le jargon que vous ne voyez plus.
Les mentions d’identification ne sont pas facultatives
Tout éditeur d’un site accessible depuis la France doit se rendre identifiable, et le texte qui l’impose a changé de place récemment. La loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, dite loi SREN, a abrogé l’article 6 III de la LCEN, la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004. Depuis son entrée en vigueur le 23 mai 2024, l’obligation d’identification figure à l’article 1-1 de cette même loi, et les sanctions pénales à l’article 1-2. Le droit à l’anonymat des éditeurs non professionnels, qui reste réel, a lui aussi été déplacé au sein de l’article 1-1.
Conséquence pratique pour un débutant : les modèles de mentions légales qui circulent en citant « l’article 6 III de la LCEN » renvoient à un texte abrogé, même si l’essentiel des informations demandées n’a pas bougé. Si votre site présente une activité professionnelle, faites relire ce bloc par un juriste plutôt que de recopier un modèle daté. Cet article donne une information générale, il ne remplace pas un avis personnalisé.
Deux questions qui reviennent en rendez-vous
Faut-il vraiment un site quand on tient déjà bien son profil professionnel en ligne ? Pas systématiquement. Le site se justifie quand vous avez quelque chose à montrer qui ne tient pas dans un profil : un portfolio, des écrits longs, une offre de service détaillée. Pour une simple présence professionnelle, le profil suffit et se met à jour bien plus vite.
Peut-on commencer sans acheter de nom de domaine ? Techniquement oui, la plupart des plateformes offrent une adresse en sous-domaine. Mais tout ce que vous construisez dessus reste attaché à l’outil, et une migration ultérieure vous fait repartir de zéro côté visibilité. Réserver son nom coûte peu et se fait avant même de savoir quel site vous allez publier.
Une fois la voie choisie, reste le moteur
Si vous partez sur un CMS installé chez un hébergeur, la question suivante est celle du logiciel : voici le comparatif entre WordPress et Joomla pour un site d’entreprise.
Article mis à jour le 16 août 2026. Sources vérifiées à cette date : relevé W3Techs du 16 août 2026 pour les parts d’usage des CMS ; loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique, articles 1-1 et 1-2 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 ; annonce du changement de nom du Site du Zéro en OpenClassrooms, 18 septembre 2013. Les conseils de méthode viennent de mon activité de conseillère d’orientation.

