Tout comprendre sur la formation par alternance

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Emploi & Formation

Financer ses études, découvrir une entreprise de l’intérieur, sortir avec un diplôme et de l’expérience : les raisons de choisir l’alternance ne manquent pas. Ce qui manque, en revanche, c’est une idée claire de la différence entre les deux contrats. C’est presque toujours par là que commencent mes rendez-vous d’orientation.

L’alternance repose sur deux contrats distincts : l’apprentissage, ouvert de 16 à 29 ans révolus et rattaché à un diplôme, et la professionnalisation, ouverte aux 16-25 ans et aux demandeurs d’emploi de tout âge, tournée vers une qualification définie par la branche professionnelle. Ils diffèrent par le public, la durée de formation et la rémunération, pas par le principe.

  Contrat d’apprentissage Contrat de professionnalisation
Public 16 à 29 ans révolus, jusqu’à 35 ans dans certains cas, sans limite pour les travailleurs handicapés et les créateurs d’entreprise 16 à 25 ans révolus, demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, bénéficiaires du RSA, de l’ASS ou de l’AAH
Objectif Un diplôme ou un titre inscrit au répertoire national Une qualification reconnue par la branche professionnelle
Durée CDD de 6 mois à 3 ans, ou CDI avec période d’apprentissage CDD de 6 à 12 mois, jusqu’à 24 ou 36 mois selon accord de branche et public
Temps de formation Défini par le cycle du diplôme préparé 15 à 25 % de la durée du contrat, avec un plancher de 150 heures
Rémunération minimale 27 % à 100 % du SMIC selon l’âge et l’année 55 % à 100 % du SMIC selon l’âge et le niveau de diplôme

Le contrat d’apprentissage, du CAP au master

Il s’adresse aux jeunes de 16 à 29 ans révolus, avec une entrée possible dès 15 ans pour ceux qui ont achevé la classe de troisième. La limite monte à 35 ans dans deux situations : préparer un diplôme supérieur à celui déjà obtenu en apprentissage, ou reprendre après une rupture indépendante de sa volonté. Elle disparaît totalement pour les travailleurs handicapés, les sportifs de haut niveau et les personnes qui préparent une création ou une reprise d’entreprise.

Le contrat prend la forme d’un CDD de six mois à trois ans, calé sur le cycle de formation, ou d’un CDI dont la première phase est la période d’apprentissage. Point souvent ignoré : il n’y a pas de période d’essai classique, mais une faculté de rupture libre pendant les 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise. Passé ce délai, la rupture obéit à des règles précises et l’apprenti doit saisir un médiateur avant de partir de son propre chef.

Autre changement que je dois corriger presque à chaque rendez-vous : le contrat ne se dépose plus auprès d’une administration. Il est transmis à l’opérateur de compétences, l’OPCO de la branche, dans les cinq jours ouvrables suivant son démarrage. Les OPCA ont disparu en 2019, et les DIRECCTE ont laissé place aux DREETS en 2021.

astuce-entreprise

Sur le temps de travail, un apprenti mineur ne peut dépasser 8 heures par jour ni 35 heures par semaine, avec une pause de 30 minutes toutes les 4 heures 30. Des dérogations existent jusqu’à 10 heures par jour et 40 heures par semaine dans le bâtiment, les travaux publics et les activités paysagères. Le travail de nuit lui reste interdit entre 22 heures et 6 heures.

Ce que l’apprenti touche réellement

La rémunération se calcule en pourcentage du SMIC, fixé à 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures depuis le 1er juin 2026, ou du minimum conventionnel de la branche s’il est plus favorable. Le pourcentage progresse avec l’âge et l’année d’exécution du contrat.

Âge 1re année 2e année 3e année
Moins de 18 ans 27 % 39 % 55 %
18 à 20 ans 43 % 51 % 67 %
21 à 25 ans 53 % 61 % 78 %
26 ans et plus 100 % 100 % 100 %

Attention à une évolution qui a fait baisser le net de certains apprentis : depuis le 1er mars 2025, l’exonération de cotisations salariales et d’impôt sur le revenu ne porte plus que sur la part du salaire inférieure à 50 % du SMIC, contre 79 % auparavant. Au-delà de ce seuil, l’apprenti cotise comme n’importe quel salarié.

Le contrat ne se dépose plus auprès d’une administration : il part chez l’opérateur de compétences de la branche, dans les cinq jours ouvrables.

Le contrat de professionnalisation, plus souple et plus large

Il vise les 16-25 ans révolus, mais aussi les demandeurs d’emploi de 26 ans et plus et les bénéficiaires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique ou de l’allocation aux adultes handicapés. C’est cette ouverture aux adultes qui en fait l’outil de reconversion par excellence, là où l’apprentissage reste centré sur les parcours jeunes.

La formation représente ici entre 15 et 25 % de la durée du contrat, sans jamais descendre sous 150 heures par an, soit environ trois jours par mois dans la plupart des cas. La rémunération démarre à 55 % du SMIC pour un moins de 21 ans sans bac, monte à 65 % avec un bac professionnel ou un diplôme supérieur, passe à 70 et 80 % pour les 21-25 ans, et atteint 100 % du SMIC ou 85 % du minimum conventionnel à partir de 26 ans.

Une réserve que je formule toujours : les qualifications préparées dans ce cadre collent au besoin d’une branche, donc elles se transfèrent parfois mal vers un autre secteur. Si votre objectif est de pouvoir bouger, vérifiez que la certification visée est bien inscrite au répertoire national avant de signer.

Trouver l’entreprise, la vraie difficulté

Le marché s’est resserré. Selon les données du ministère du Travail publiées le 31 juillet 2026, 847 130 contrats d’apprentissage ont débuté en 2025, soit 4,8 % de moins qu’en 2024, et environ 1 014 700 personnes étaient en contrat au 31 décembre 2025. C’est le premier recul depuis dix ans, après une décennie de croissance continue.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de place, cela veut dire qu’il faut chercher plus tôt et sur plusieurs fronts : France Travail, les missions locales, le site La bonne alternance, l’OPCO de la branche visée, et surtout les entreprises de travail temporaire, que les candidats oublient systématiquement alors qu’elles recrutent aussi en alternance.

Un filet de sécurité existe si la recherche traîne : depuis la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel de 2018, un jeune peut entrer en centre de formation d’apprentis sans contrat signé et disposer de trois mois pour trouver son entreprise, sous statut de stagiaire de la formation professionnelle et donc sans rémunération. Ce délai passe à six mois pour un apprenti dont le contrat a été rompu.

Trois questions fréquentes côté employeur et côté candidat

L’entreprise touche-t-elle une aide en 2026 ?
Oui. Une aide unique reste ouverte aux entreprises de moins de 250 salariés pour les diplômes de niveau 3 et 4, et le décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 a rétabli une aide exceptionnelle pour les contrats conclus jusqu’au 31 décembre 2026, modulée de 750 à 4 500 € selon la taille de l’entreprise et le niveau préparé, portée à 6 000 € lorsque l’apprenti est reconnu travailleur handicapé.

Y a-t-il une période d’essai à la fin de l’alternance si l’entreprise m’embauche ?
Non, pas lorsque l’embauche suit directement l’apprentissage sur un poste en rapport avec la qualification obtenue.

Un apprenti a-t-il les mêmes droits qu’un salarié ?
Oui, congés payés compris, avec des protections supplémentaires liées à la minorité le cas échéant. Le temps passé en centre de formation est du temps de travail effectif, payé comme tel.

Si je devais résumer ce que je dis aux familles qui hésitent : l’alternance n’est pas une voie de repli, c’est un mode d’apprentissage exigeant qui demande de tenir deux rythmes en même temps. Ceux qui s’y épanouissent sont ceux qui avaient déjà envie du métier, pas ceux qui fuyaient la salle de classe.

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Une candidature en alternance se prépare comme une autre

Les entreprises trient les dossiers d’alternants exactement comme les autres. Les quatre points à revoir sur son CV valent aussi pour un profil sans expérience.

Article mis à jour le 14 août 2026. Sources vérifiées à cette date : fiches service-public.gouv.fr sur le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation ; articles L.6222-25 et suivants du code du travail sur la durée du travail de l’apprenti ; montant du SMIC au 1er juin 2026 ; portail des politiques de l’emploi du ministère du Travail, synthèse « Contrats d’apprentissage » publiée le 31 juillet 2026 ; décret n° 2026-168 du 6 mars 2026 relatif à l’aide exceptionnelle aux employeurs d’apprentis. Les montants et dispositifs évoluent chaque année : vérifiez-les auprès de votre OPCO ou de votre centre de formation avant de signer.