Sur cent sites qui tournent avec un système de gestion de contenu, cinquante-neuf tournent sous WordPress et moins de deux sous Joomla. C’est le chiffre que je pose sur la table quand quelqu’un que j’accompagne hésite entre les deux pour le site de son entreprise. Il ne règle pas la question, mais il change complètement la façon de la poser.
Pour le site d’une entreprise qui démarre, WordPress reste le choix le plus raisonnable dans la grande majorité des cas : écosystème large, hébergeurs qui l’installent en un clic, prestataires faciles à trouver en cas de pépin. Joomla garde un intérêt réel sur les sites qui gèrent des niveaux d’accès différenciés et plusieurs langues nativement, à condition d’avoir sous la main quelqu’un capable d’en suivre les montées de version.
En bref
- WordPress représente 59,1 % du marché des CMS, Joomla 1,7 % (W3Techs, relevé le 5 août 2026).
- Cet écart se paie surtout en disponibilité de prestataires, de thèmes et d’extensions maintenues.
- Joomla gère nativement le multilingue et les niveaux d’accès, là où WordPress passe par des extensions.
- Le vrai critère n’est pas la puissance de l’outil, mais qui tiendra le site dans deux ans.
Un écart de diffusion qui pèse sur tout le reste
Les deux plateformes sont open source, gratuites au téléchargement, et toutes deux capables de faire tourner le site vitrine d’une TPE. Ce qui les sépare, ce n’est pas la technique, c’est la taille de leur écosystème. D’après le relevé W3Techs du 5 août 2026, WordPress équipe 41,2 % de l’ensemble des sites web et 59,1 % de ceux qui utilisent un CMS. Joomla est à 1,2 % et 1,7 %.
Ce déséquilibre a des conséquences très concrètes pour un créateur d’entreprise. Trouver un développeur freelance, un thème métier maintenu, un tutoriel qui correspond exactement à votre version : tout cela est plus rapide côté WordPress, simplement parce que le marché est trente fois plus gros. Quand le site tombe un vendredi soir avant un salon, c’est cette différence-là qui compte.
WordPress : facile à prendre en main, exigeant à entretenir
WordPress se prend en main en une après-midi, et c’est sa vraie force pour quelqu’un qui monte son activité seul. L’interface d’édition est lisible, la bibliothèque de thèmes est immense, et l’ajout de fonctionnalités passe par des extensions qu’on installe sans écrire une ligne de code. La boutique en ligne se greffe avec WooCommerce, la facturation ou la prise de rendez-vous avec d’autres modules.
Le revers, je le vois passer régulièrement : un site WordPress laissé sans mise à jour pendant huit mois devient une porte ouverte. Le cœur du logiciel, les thèmes et chaque extension se mettent à jour séparément, et c’est l’accumulation d’extensions abandonnées par leur auteur qui pose problème, bien plus que WordPress lui-même. Prévoyez le budget d’entretien avant de choisir, pas après.
Joomla : plus structuré, à condition de suivre le calendrier des versions
Joomla propose en standard deux choses que WordPress délègue à des extensions : la gestion multilingue et un système de niveaux d’accès assez fin. Pour un site qui doit ouvrir un espace réservé à des adhérents, à des revendeurs ou à des franchisés, c’est un argument sérieux, et cela évite d’empiler trois modules qui se marchent dessus.
En contrepartie, le rythme des versions demande de la rigueur. D’après la feuille de route officielle du projet consultée le 5 août 2026, Joomla 6 est sorti le 14 octobre 2025, Joomla 5 n’est plus qu’en correction de bugs jusqu’au 13 octobre 2026, et Joomla 4 n’est plus suivi en sécurité depuis octobre 2025. Un site Joomla installé il y a trois ans et jamais migré tourne donc aujourd’hui sans correctif de sécurité. Ce n’est pas un défaut de l’outil, c’est une charge de maintenance à assumer.
Le comparatif, critère par critère
| Critère | WordPress | Joomla |
|---|---|---|
| Part du marché des CMS (W3Techs, 08/2026) | 59,1 % | 1,7 % |
| Prise en main sans compétence technique | Rapide | Plus exigeante |
| Multilingue et niveaux d’accès | Par extension | Inclus en standard |
| Trouver un prestataire de reprise | Très facile | Plus rare, souvent plus cher |
| Vente en ligne | WooCommerce, très répandu | VirtueMart et équivalents, moins d’offre |
Les trois questions que je fais poser avant de trancher
Qui va mettre à jour le site ? Si la réponse est « moi, quand j’aurai le temps », WordPress limite les dégâts : les mises à jour automatiques du cœur et des extensions couvrent une partie du risque. Si la réponse est un prestataire sous contrat, l’écart entre les deux plateformes se réduit beaucoup.
Deuxième question : combien de personnes vont publier dessus ? À une ou deux, WordPress suffit largement. À partir du moment où plusieurs profils doivent avoir des droits différents sur des espaces distincts, la gestion native de Joomla devient un vrai gain de temps plutôt qu’un argument commercial.
Troisième question, la plus utile : ce site doit-il vendre, ou informer ? Pour une boutique, l’écosystème WooCommerce et sa masse d’extensions de paiement et de livraison rendent WordPress difficile à battre. Pour un site institutionnel multilingue avec espace privé, Joomla mérite un vrai devis comparatif. Dans les deux cas, le référencement se joue ensuite sur le contenu et la configuration, sujet que j’ai détaillé dans mon guide des bonnes pratiques SEO avec Yoast.
Cet article présente une information générale sur deux logiciels libres. Les questions de propriété du site, de contrat de maintenance et de traitement des données personnelles collectées via votre site relèvent d’un conseil juridique : faites relire vos contrats et vos mentions légales par un professionnel avant la mise en ligne.
Le site vient après le projet
Avant de choisir un CMS, il faut savoir ce que le site doit servir. Mes repères pour préparer sa création d’entreprise remettent la question dans le bon ordre.
Article mis à jour le 5 août 2026. Parts de marché relevées le 5 août 2026 sur W3Techs, dates de support relevées le même jour sur la feuille de route officielle du projet Joomla. Ces données évoluent : vérifiez la version supportée au moment de votre projet.


