Une créatrice d’entreprise m’a montré l’an dernier les trois comparatifs qu’elle avait imprimés pour choisir son outil d’emailing. Aucun ne signalait que l’un des deux noms comparés avait disparu depuis 2023. Reprenons ce dossier proprement.
Sendinblue s’appelle Brevo depuis le 4 mai 2023 : c’est la même plateforme, avec un nom neuf. Face à Mailchimp, la différence décisive n’est ni l’éditeur de mails ni les modèles, c’est le mode de facturation. Mailchimp facture au nombre de contacts stockés, Brevo au volume d’emails envoyés. Une base large et peu sollicitée revient donc moins cher chez Brevo, une petite base très active peut se traiter chez l’un comme chez l’autre.
En bref
- Sendinblue est devenu Brevo en mai 2023 : les comparatifs qui parlent encore des deux comme de concurrents sont périmés.
- Mailchimp compte vos contacts, Brevo compte vos envois : c’est ce point qui fait basculer la facture.
- Le forfait gratuit de Mailchimp s’arrête à 250 contacts et 500 emails par mois ; celui de Brevo autorise 300 emails par jour.
- Regardez votre ratio envois annuels divisés par taille de base avant de regarder les fonctionnalités.
Sendinblue n’existe plus, et ce n’est pas qu’une affaire de logo
Le 4 mai 2023, Sendinblue a annoncé son changement de nom pour Brevo. L’éditeur, une société française dirigée par son fondateur Armand Thiberge, a justifié l’opération par le décalage entre son nom d’origine, associé à la newsletter, et une offre devenue beaucoup plus large : SMS, chat, automatisation, gestion de la relation client.
Pour une créatrice ou un créateur qui compare aujourd’hui, la conséquence est concrète. Les avis, tutoriels et grilles tarifaires publiés sous le nom Sendinblue décrivent un produit qui a continué d’évoluer sous un autre nom pendant plus de trois ans. Les captures d’écran ne correspondent plus, et les tarifs cités encore moins.
Compter les contacts ou compter les envois : le vrai point de bascule
Les deux plateformes ne vendent pas la même unité, et c’est de là que vient l’essentiel de l’écart de facture. Mailchimp fait payer le nombre de contacts présents dans l’audience, avec un volume d’envois mensuel indexé dessus. Brevo fait payer le volume d’emails expédiés, la taille de la base restant très largement ouverte.
Sur la grille française de Mailchimp que j’ai consultée le 6 août 2026, le forfait gratuit plafonne à 250 contacts et 500 emails par mois. Le forfait Essentials démarre à 11,36 € par mois pour 500 contacts et 5 000 emails, remise de 15 % sur douze mois déduite, et Standard à 17,48 €. Des frais de dépassement s’appliquent dès que les limites de contacts ou d’envois sont franchies.
Chez Brevo, le forfait gratuit autorise 300 emails par jour, sans que la taille de la base soit le critère de facturation, et le premier palier payant commence autour de 7 € par mois pour 5 000 emails mensuels, un peu moins en paiement annuel. Un club, une association ou un cabinet qui conserve 4 000 contacts et écrit six fois par an n’entre tout simplement pas dans la logique de Mailchimp.
Ce que chacune fait mieux que l’autre
Mailchimp reste devant sur la prise en main et l’écosystème. Ses modèles sont nombreux, son éditeur glisser-déposer se manipule sans formation, et ses connexions avec les boutiques en ligne et les outils du marché sont massivement documentées, y compris en français par la communauté.
Brevo l’emporte sur l’étendue du périmètre. La plateforme regroupe l’email, le SMS, le chat sur le site et une brique de relation client dans le même abonnement, là où Mailchimp facture certains de ces canaux en options. S’ajoute un argument que mes interlocuteurs soulèvent souvent : l’éditeur est français, ce qui simplifie les échanges de support et la lecture des conditions contractuelles. Pour la localisation exacte des données, la réponse figure dans les conditions de traitement du prestataire, et elle se vérifie avant signature plutôt qu’après.
Un mot de méthode : je ne suis pas consultante en marketing digital. Ce que je décris vient des grilles tarifaires officielles que j’ai relevées moi-même et des retours des porteurs de projet que j’accompagne, dont plusieurs ont changé d’outil en cours de route. Si votre activité repose entièrement sur l’emailing, faites valider le choix par quelqu’un dont c’est le métier.
| Votre situation | Plutôt Mailchimp | Plutôt Brevo |
|---|---|---|
| Base large, envois rares | Non, la facture suit les contacts | Oui, vous ne payez que les envois |
| Petite base, newsletter hebdomadaire | Oui, prise en main immédiate | Oui, attention au plafond quotidien du gratuit |
| Besoin de SMS ou de chat en plus | En option facturée à part | Compris dans la même plateforme |
| Boutique en ligne déjà installée | Intégrations très documentées | Intégrations présentes, écosystème plus jeune |
Les questions qu’on me pose avant de trancher
Peut-on changer de plateforme plus tard sans tout perdre ?
Oui pour la liste de contacts, qui s’exporte au format tableur des deux côtés. Non pour le reste : les scénarios d’automatisation, les modèles d’emails et les statistiques historiques ne se transfèrent pas. Plus vous attendez, plus le déménagement coûte du temps.
Le forfait gratuit suffit-il pour démarrer une activité ?
Souvent oui, la première année. Le gratuit de Brevo convient à une base qui grossit sans envois quotidiens, celui de Mailchimp à une liste très courte que l’on veut soigner. Dans les deux cas, le logo de l’éditeur reste affiché en bas des messages.
Faut-il choisir en fonction des taux de délivrabilité annoncés ?
Non. La délivrabilité, c’est-à-dire la part de messages qui arrivent en boîte de réception plutôt qu’en indésirables, dépend surtout de votre propre pratique : consentement réel des inscrits, nettoyage des adresses inactives, authentification de votre nom de domaine. Aucun éditeur ne rattrape une liste achetée. J’ai développé cette logique de comparaison dans mon comparatif entre AWeber et Constant Contact, qui pose les mêmes questions sur deux autres outils.
L’emailing n’est que la moitié du sujet
Envoyer est une chose, savoir qui a répondu et où en est chaque prospect en est une autre. Mon analyse du CRM HubSpot montre ce que l’on gagne à relier les deux.
Article mis à jour le 6 août 2026. Tarifs et limites relevés sur la page tarifaire française de Mailchimp et sur la grille publiée par Brevo, consultées à cette date. Le changement de nom de Sendinblue en Brevo, annoncé le 4 mai 2023 par l’éditeur, a été recoupé dans la presse spécialisée. Ces offres évoluent souvent : vérifiez-les avant de souscrire.


