« On est deux, on prend les versions gratuites, et le problème est réglé. » C’est la phrase d’un porteur de projet reçu il y a quelques semaines, qui avait déjà tout calé dans sa tête. Sur le principe il avait raison. Sur les conditions de 2026, plus vraiment.
Asana et Monday.com plafonnent maintenant leur offre gratuite à 2 utilisateurs. Au-delà, Asana démarre à 10,99 $ par utilisateur et par mois en engagement annuel, Monday.com à 9 € par siège, mais avec un minimum de 3 sièges facturés sur toutes ses formules payantes. Une équipe de deux personnes en paie donc trois chez Monday.com. Le point de bascule n’est plus la richesse fonctionnelle des deux outils, c’est le nombre exact de personnes qui vont s’y connecter.
En bref
- Les plans gratuits Asana Personal et Monday.com Free s’arrêtent tous les deux à 2 utilisateurs (grilles consultées le 7 août 2026).
- Monday.com facture au minimum 3 sièges dès la première formule payante : c’est le plancher réel de dépense.
- Asana affiche ses tarifs en dollars, y compris depuis son site français : le montant prélevé dépend du taux de change.
- Les intégrations courantes (Slack, Google Drive, Microsoft Teams, Outlook, Zoom) existent des deux côtés et ne départagent plus rien.
- 1 Le gratuit ne couvre plus une équipe, il couvre un binôme
- 2 Le plancher de trois sièges, la ligne qu’on ne voit pas
- 3 Monday.com ne vend pas un produit, il en vend quatre
- 4 Une devise qui n’est pas la vôtre
- 5 Ce qui les sépare une fois le budget posé
- 6 Ce que je fais tester avant de sortir la carte bancaire
- 7 FAQ – Asana vs Monday.com
Le gratuit ne couvre plus une équipe, il couvre un binôme
Les deux plateformes ont refermé leur porte d’entrée. Sur sa page tarifaire consultée le 7 août 2026, Asana annonce noir sur blanc que deux utilisateurs au maximum peuvent collaborer gratuitement sur le plan Personal. Chez Monday.com, le plan Free est calé sur la même limite de 2 sièges, avec en plus un plafond de 3 tableaux et 3 documents.
Un détail compte pour ceux qui ont ouvert un compte il y a longtemps : Asana a conservé un ancien plan gratuit plus généreux, jusqu’à 10 personnes, pour les comptes créés avant le 12 novembre 2025. Cette tolérance ne se récupère pas. Un compte historique qui repasse en payant puis redescend en gratuit retombe sur la limite de deux. Je le signale parce que c’est exactement le genre de manipulation qu’on fait sans y penser pendant une période creuse.
Concrètement, pour un projet à trois associés ou une équipe avec un stagiaire, la question « lequel est gratuit » n’a plus d’objet. Elle est remplacée par « combien coûte la troisième personne ».
Le plancher de trois sièges, la ligne qu’on ne voit pas
C’est la particularité de Monday.com et elle change tous les calculs : les formules payantes se souscrivent à partir de 3 sièges, pas de 1. Une entreprise de deux personnes qui passe en Basic ne paie pas deux fois 9 €, elle paie trois fois 9 €. Asana, de son côté, facture au siège réellement occupé.
| Formule | Par utilisateur, engagement annuel | Par utilisateur, sans engagement | Facture mensuelle réelle pour 2 personnes |
|---|---|---|---|
| Asana Personal | Gratuit | Gratuit | 0 $ |
| Asana Starter | 10,99 $ | 13,49 $ | 21,98 $ |
| Asana Advanced | 24,99 $ | 30,49 $ | 49,98 $ |
| Monday.com Free | Gratuit | Gratuit | 0 € |
| Monday.com Basic | 9 € | 11,25 € | 27 € (3 sièges minimum) |
| Monday.com Standard | 12 € | 15 € | 36 € (3 sièges minimum) |
| Monday.com Pro | 19 € | 23,75 € | 57 € (3 sièges minimum) |
Grilles relevées sur asana.com et monday.com le 7 août 2026, offre Work Management pour Monday.com. Les tarifs sans engagement sont environ 18 % plus chers chez l’un comme chez l’autre.
Monday.com ne vend pas un produit, il en vend quatre
C’est le piège de devis que je vois le plus souvent sur cet outil. Monday.com commercialise séparément Work Management, CRM, Service et Dev, avec des grilles différentes. La formule Basic du CRM est à 12 € par siège et par mois en annuel, la Standard du produit Service monte à 31 €. Un porteur de projet qui a mémorisé « ça commence à 9 € » et qui ouvre un compte pour piloter sa prospection ne tombe pas du tout sur le même montant.
Une devise qui n’est pas la vôtre
Asana affiche ses prix en dollars américains, y compris quand on consulte sa page tarifaire depuis la France. Ce n’est pas anodin pour une jeune structure : le montant réellement débité varie avec le change, et l’écriture comptable demande une conversion à chaque échéance. Monday.com, lui, affiche des euros. Sur un budget serré, cette seule différence de lisibilité pèse plus que trois fonctionnalités de tableau de bord.
Ce qui les sépare une fois le budget posé
Asana reste plus souple sur la façon de représenter un même projet : liste, tableau Kanban, chronologie, on bascule d’une vue à l’autre sans reconstruire. Monday.com mise sur des tableaux de bord très visuels et personnalisables, plus parlants pour rendre compte à un associé ou à un financeur, mais qui demandent d’accepter sa logique de colonnes.
Côté connexions, le match est nul. Slack, Google Drive, Microsoft Teams, Outlook et Zoom se branchent des deux côtés. C’était un argument de départage il y a deux ans, ça n’en est plus un.
Ce que je fais tester avant de sortir la carte bancaire
Ma recommandation tient en trois gestes, dans cet ordre. D’abord, compter les personnes qui auront réellement un compte dans six mois, pas aujourd’hui : c’est ce chiffre qui décide, à cause du plancher de trois sièges. Ensuite, monter un vrai projet dans chaque essai gratuit, avec des échéances et des responsables, plutôt que de cliquer sur des modèles de démonstration. Enfin, vérifier que l’outil survit à la semaine où personne n’a le temps de le mettre à jour, parce que c’est là que 90 % des outils de gestion de projet meurent, quel que soit leur prix.
Si la réponse est « on est deux et on ne fera jamais de reporting », regardez d’abord une solution plus légère : mon test de Trello pour les startups couvre ce cas de figure, avec un rapport simplicité-prix différent.
Pour se faire une idée de l’ergonomie de Monday.com avant même de créer un compte, cette présentation en vidéo donne un aperçu correct de la logique de tableaux :
FAQ – Asana vs Monday.com
Combien de personnes peut-on inviter sur les versions gratuites ?
Deux, de chaque côté. Asana Personal et Monday.com Free s’arrêtent l’un comme l’autre à 2 utilisateurs en août 2026. Les comptes Asana ouverts avant le 12 novembre 2025 conservent une limite historique plus haute, mais la perdent définitivement s’ils passent en payant puis reviennent en arrière.
Pourquoi Monday.com facture-t-il trois sièges à une équipe de deux ?
Parce que ses formules payantes se souscrivent à partir de 3 sièges. Ce minimum s’applique à Basic, Standard et Pro. La première formule payante coûte donc au moins 27 € par mois en engagement annuel, même si le troisième compte reste inutilisé.
Lequel est le plus simple à prendre en main pour un débutant ?
Asana demande généralement moins d’apprentissage au démarrage, parce qu’une liste de tâches y ressemble à une liste de tâches. Monday.com est plus séduisant visuellement mais impose sa grammaire de colonnes, qu’il faut comprendre avant de construire quoi que ce soit de solide.
Les intégrations avec Slack ou Google Drive font-elles la différence ?
Plus vraiment. Slack, Google Drive, Microsoft Teams, Outlook et Zoom se connectent aux deux plateformes. Regardez plutôt si l’outil sait alimenter le tableau de bord que vous devrez présenter à votre banque ou à votre associé, c’est là que les écarts subsistent.
Un outil de projet ne remplace pas un canal de discussion
Beaucoup d’équipes achètent l’un en croyant régler l’autre. Mon avis sur Slack pour la communication interne des startups explique où passe la frontière.
Article mis à jour le 7 août 2026. Limites des offres gratuites, tarifs par utilisateur, minimum de sièges et écarts entre facturation annuelle et mensuelle relevés sur les pages tarifaires officielles d’Asana et de Monday.com, consultées à cette date. Ces grilles changent plusieurs fois par an : vérifiez le montant affiché dans votre propre compte avant de vous engager. Cet article donne une information générale et ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable sur le traitement de vos abonnements.


