Ce comparatif circule beaucoup dans les recherches francophones, et il repose sur un malentendu qu’il faut lever avant tout le reste. Ces deux plateformes ne jouent pas dans le même pays, ni sur le même terrain juridique.
Aucune des deux ne peut immatriculer votre société en France. Depuis le 1er janvier 2023, toute création, modification ou cessation d’entreprise passe obligatoirement par le guichet unique électronique géré par l’INPI, qui a remplacé les six réseaux de centres de formalités des entreprises. LegalZoom crée des sociétés de droit américain, État par État. Rocket Lawyer dispose en revanche d’une version française, mais elle vend des documents juridiques et de l’accès à un avocat, pas l’immatriculation elle-même.
En bref
- L’immatriculation en France se fait sur le guichet unique de l’INPI, et nulle part ailleurs, depuis janvier 2023.
- LegalZoom couvre les 50 États américains et Washington D.C. : sa formule de base est à 0 $ plus les frais de dépôt de l’État concerné.
- Rocket Lawyer propose un site français à 39,90 € par mois après sept jours d’essai, avec plus de 400 modèles de documents.
- La vraie question n’est pas « laquelle des deux », mais « de quoi ai-je besoin en plus du guichet unique ».
- 1 Ce que le guichet unique a changé, et que beaucoup ignorent encore
- 2 Ce que fait réellement chaque plateforme
- 3 L’ordre dans lequel je fais traiter le sujet
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Les questions qu’on me pose sur ces services
- 4.1 Un modèle de statuts en ligne suffit-il pour une SASU ?
- 4.2 Un abonnement mensuel est-il rentable pour une création ponctuelle ?
- 4.3 Peut-on créer une société américaine depuis la France pour vendre en ligne ?
- 4.4 Où trouver un accompagnement gratuit en France ?
- 4.5 Après le juridique, la comptabilité
- 4.6 Vous aimerez aussi :
Ce que le guichet unique a changé, et que beaucoup ignorent encore
Depuis le 1er janvier 2023, la plateforme formalites.entreprises.gouv.fr, opérée par l’Institut national de la propriété industrielle, est le seul canal légal pour déclarer la création d’une entreprise en France. Le dépôt physique dans un centre de formalités des entreprises n’existe plus. Toutes les formes juridiques et toutes les activités y passent, de la micro-entreprise à la société.
Autrement dit, la démarche administrative centrale est déjà gratuite d’accès et centralisée. Ce que vend une plateforme juridique privée, ce n’est jamais l’immatriculation : c’est le travail qui l’entoure, la rédaction des statuts, les contrats, la sécurisation des décisions. C’est une nuance que je passe beaucoup de temps à expliquer en rendez-vous, parce que la promesse commerciale de ces services entretient volontiers la confusion.
Ce que fait réellement chaque plateforme
LegalZoom, un service de droit américain
LegalZoom est une référence installée aux États-Unis pour créer une LLC ou une corporation. Sa page dédiée annonce trois formules : une offre de base à 0 $ plus les frais de dépôt de l’État, une formule Pro à 249 $ et une formule Premium à 299 $, toujours hors frais d’État. La couverture annoncée porte sur les 50 États et Washington D.C.
Pour un entrepreneur français, ce service n’a de sens que dans un cas précis : créer une structure aux États-Unis, pour y vendre, y facturer ou y lever des fonds. C’est un projet légitime mais rare, et qui demande d’abord un conseil fiscal en France sur les conséquences d’une telle structure. Ce n’est pas une alternative à la création d’une SASU à Annecy.
Rocket Lawyer, une offre qui existe bien en français
Rocket Lawyer a développé une activité européenne avec le groupe d’édition juridique Lefebvre Sarrut, la France ayant servi de premier marché non anglophone. Son site français est actif et affiche un abonnement à 39,90 € par mois, précédé de sept jours d’essai gratuit. Il donne accès à plus de 400 documents juridiques personnalisables annoncés comme conformes au droit français, à un service de signature électronique et à la possibilité de poser une question à un avocat.
C’est donc une offre d’abonnement à des outils juridiques, pas un guichet de formalités. Sa page tarifaire ne présente pas l’immatriculation parmi les services inclus.
| Critère | LegalZoom | Rocket Lawyer France | Guichet unique INPI |
|---|---|---|---|
| Territoire couvert | États-Unis (50 États et D.C.) | France | France |
| Immatriculation d’une société française | Non | Non présentée dans l’offre | Oui, canal obligatoire |
| Modèle économique | Forfaits à l’acte | Abonnement mensuel | Service public, frais légaux selon la forme |
| Tarif affiché | 0 $, 249 $ ou 299 $ hors frais d’État | 39,90 € par mois après 7 jours d’essai | Accès gratuit à la démarche |
| Accès à un avocat | Selon la formule | Inclus dans l’abonnement | Non |
Tarifs et périmètres relevés sur les pages officielles des deux services et sur les ressources publiques relatives au guichet unique, le 7 août 2026.
L’ordre dans lequel je fais traiter le sujet
- Choisir la forme juridique avant tout outil. Micro-entreprise, entreprise individuelle, SASU, SARL : ce choix conditionne la fiscalité, la protection sociale et le coût annuel. Il se prépare avec un expert-comptable, pas avec un abonnement en ligne.
- Faire la formalité sur le guichet unique. C’est obligatoire et c’est la partie la moins coûteuse du parcours.
- Sécuriser ensuite les documents qui engagent l’entreprise. Statuts, pacte d’associés, conditions générales, contrat de prestation, bail : c’est là qu’un abonnement à une bibliothèque juridique peut avoir du sens, à condition de savoir lire ce qu’on signe.
- Réserver le conseil humain aux points de bascule. Un modèle de contrat ne remplace pas un avocat quand il s’agit d’une clause de non-concurrence ou d’une entrée d’associé.
Voici une présentation vidéo du fonctionnement de LegalZoom, utile pour comprendre la logique de ces plateformes avant de comparer :
Les questions qu’on me pose sur ces services
Un modèle de statuts en ligne suffit-il pour une SASU ?
Pour une SASU très simple, avec un associé unique et une activité sans particularité, un modèle correctement rempli peut convenir. Dès qu’il y a plusieurs associés, un apport en nature, une clause d’agrément ou une activité réglementée, faites relire le document. Le coût d’une relecture est sans commune mesure avec celui d’un litige entre associés.
Un abonnement mensuel est-il rentable pour une création ponctuelle ?
Rarement. Un abonnement à 39,90 € par mois se justifie quand on produit régulièrement des contrats, des devis engageants ou des avenants. Pour une création isolée, souscrire puis résilier revient à payer un abonnement pour deux documents. Vérifiez les conditions de résiliation avant de vous inscrire, pas après.
Peut-on créer une société américaine depuis la France pour vendre en ligne ?
C’est techniquement possible et LegalZoom le permet, mais les conséquences fiscales pour un résident français sont sérieuses et dépendent de votre situation personnelle. Ce point se traite avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant toute démarche, jamais après.
Où trouver un accompagnement gratuit en France ?
Les réseaux d’accompagnement à la création, les chambres consulaires et les dispositifs publics d’information proposent des rendez-vous sans frais pour cadrer un projet. C’est le premier réflexe que je recommande, avant même de comparer des plateformes payantes.
Si votre identité de marque fait partie du projet, sachez que la question du dépôt se prépare en parallèle des formalités : j’en parle dans mon évaluation de Canva Pro pour le marketing digital des startups, où le sujet du logo déposable réserve une mauvaise surprise à beaucoup de créateurs.
Après le juridique, la comptabilité
C’est le poste que l’on sous-estime le plus dans un budget de lancement. Mon comparatif de FreshBooks et Xero pour la comptabilité des PME pose les bons critères.
Article mis à jour le 7 août 2026. Obligation de passer par le guichet unique depuis le 1er janvier 2023, formules et périmètre de LegalZoom, tarif et contenu de l’abonnement Rocket Lawyer France vérifiés à cette date sur les sources officielles correspondantes. Ces offres et ces règles évoluent : vérifiez-les avant toute démarche. Cet article donne une information générale sur la création d’entreprise et ne remplace en aucun cas l’avis d’un expert-comptable, d’un avocat ou d’un juriste sur votre situation.


